Depuis 2016, le domaine de la santé et celui des affaires sociales et de l’intégration ont sensiblement évolué. Les mesures mises en œuvre affichent des résultats concrets dans plusieurs domaines. Dans le domaine de la santé, les prestations de soins sont de plus en plus fournies en ambulatoire, de nouvelles manières de prodiguer les soins se sont imposées et la collaboration entre les parties prenantes a été renforcée de manière ciblée. La part croissante des interventions chirurgicales réalisées en ambulatoire, notamment au Centre hospitalier Bienne, et le nouveau centre de chirurgie ambulatoire à Thoune illustrent bien cette tendance. Le système de soins intégrés comprend de nouveaux modèles de soins comme les hospitalisations à domicile (hospital at home). Ce modèle d’avenir répond aux attentes des patientes et des patients en mettant l’accent sur des soins de proximité disponibles à tout moment. De bonnes expériences ont déjà été recueillies dans le cadre du Réseau de l’Arc dans la région de Grand Chasseral. Ces développements contribuent à la réduction du nombre de séjours hospitaliers résidentiels et à une affectation plus ciblée des ressources disponibles. Par ailleurs, la transformation numérique suit son cours dans les domaines de la santé et de l’action sociale en améliorant les possibilités de pilotage et de surveillance.
Asile et intégration : formation et insertion sur le marché du travail en point de mire
Dans le domaine de l’asile et de l’intégration, la formation et l’insertion sur le marché du travail revêtent une importance accrue. De grands progrès ont été réalisés dans le domaine de l’intégration. Le principe d’une « intégration dès le début » initié par le conseiller d’État Pierre Alain Schnegg a été appliqué dans des centres de formation gérés à la façon d’un internat. Le caractère innovant de cette démarche a même été soulignée par le conseiller fédéral Beat Jans à l’automne 2025. Les centres de formation de Bellelay dans le Jura bernois et de Ringgenberg dans l’Oberland bernois proposent des cours intensifs de langue et une qualification professionnelle à des personnes requérantes ou admises à titre provisoire. À la mi-janvier, un premier groupe de participantes et participants à ce programme de formation a décroché le certificat d’auxiliaire de santé de la CRS à l’issue d’une formation de 20 mois. En plus de contribuer à une intégration rapide, le programme permet de soulager le marché du travail.
Vers un système de santé ambulatoire, intégré et régional
« Le secteur de la santé doit accentuer son virage ambulatoire », a souligné le conseiller d’État Pierre Alain Schnegg, directeur de la santé, des affaires sociales et de l’intégration, lors de la conférence de presse annuelle de la Direction de la santé, des affaires sociales et de l’intégration (DSSI). Il a déclaré que la priorité accordée à l’ambulatoire sous-tendait tous les changements à venir pour la couverture en soins. Cette évolution est nécessaire pour garantir la qualité des soins sur le long terme, éviter des surcapacités, réduire la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et garantir la couverture en soins de santé, y compris dans les régions rurales.
Les hôpitaux appartenant au canton sont parvenus à stabiliser leur situation. Les listes actuelles des hôpitaux en soins aigus somatiques, en psychiatrie et en réadaptation ont fait leurs preuves. Les travaux de planification hospitalière 2030 sont entrepris pour permettre une prise en compte à temps des évolutions démographiques, par exemple par le développement des offres gériatriques. La réorganisation des régions de soins selon le modèle 4+ renforce la collaboration régionale et permet un développement des soins intégrés. Le modèle englobe aussi les EMS et les services des maintien à domicile. Le nombre de régions de prise en charge est passé de 45 à 17. Leurs nouveaux périmètres ont été établis de manière à mieux intégrer les soins ambulatoires dans la planification régionale. Cela permet de renforcer la collaboration entre les hôpitaux, les services de maintien à domicile et les autres fournisseurs de prestations, et de mettre l’ambulatoire au centre des priorités.
Domaine de l’asile et des réfugiés : situation stable à un niveau qui reste élevé
Dans le domaine de l’asile et des réfugiés, la situation s’est stabilisée à un niveau élevé, mais reste dynamique. L’Office de l’intégration et de l’action sociale (OIAS) prend actuellement en charge près de 16 500 personnes dans le système d’asile cantonal, soit deux fois plus qu’avant le début de la guerre en Ukraine (fin 2021 : 6900 personnes). L’OIAS exploite en ce moment 40 centres d’hébergement collectif accueillant environ 3000 personnes. Ces structures sont exploitées et gérées par les partenaires régionaux du domaine de l’asile, à savoir la CRS Canton de Berne et le Service d’aide sociale en matière d’asile de la ville de Berne, en collaboration avec l’Armée du Salut, la société ORS Service AG et l’association Asyl Berner Oberland.
L’hébergement temporaire du Viererfeld a quant à lui été démantelé au deuxième semestre 2025. Le Conseil-exécutif a levé, fin 2025, la situation particulière qui avait été instaurée au printemps 2022. Le canton de Berne dispose actuellement de suffisamment de capacités d’hébergement et est préparé en termes d’organisation. Tous les hébergements se trouvent actuellement en surface. La priorité passe progressivement de l’hébergement à l’intégration durable, dont l’apprentissage intensif de la langue et le travail constituent les deux éléments centraux. Les expériences recueillies jusqu’à présent montrent que des programmes contractuels ayant une orientation claire sont efficaces et contribuent à réduire la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, par exemple dans le domaine des soins ainsi que dans les systèmes sociaux et d’asile.
Renforcer le pilotage et la transformation numérique
Le développement de bases juridiques et organisationnelles demeure une condition essentielle pour mener à bien les réformes. Cela requiert notamment des adaptations dans le secteur social et une consolidation des bases légales, par exemple dans le domaine des prestations pour les personnes en situation de handicap. Le but est de simplifier les processus, de définir clairement les responsabilités et de renforcer la capacité de pilotage.
La DSSI poursuit sa transformation numérique. Une étape importante a été franchie avec le lancement pilote du Nouveau système de gestion des cas dans un service social. Le système donne une meilleure vue d’ensemble des cas, décharge le personnel et créé une base statistique fiable pour la planification et la surveillance. L’introduction se fait par étapes jusqu’en 2028.
Bases solides pour des stratégies tournées vers l’avenir
Les avancées réalisées sont le fruit des importants travaux préliminaires entrepris au cours des années précédentes. Des modifications légales, des développements organisationnels et des investissements dans la transformation numérique ont contribué à les rendre possibles. « Toutes les stratégies du canton de Berne relevant de la santé, des affaires sociales et de l’intégration sont désormais tournées vers l’avenir », souligne Pierre Alain Schnegg.
Les changements sociaux, l’évolution démographique et la pénurie de main-d’œuvre qualifiée demeurent toutefois des défis centraux que le canton de Berne continuera de relever en privilégiant la recherche de solutions constructives.